Une ouverture à saisir. La Francophonie pourrait servir de levier pour le secteur de l'économie malgache à condition de creuser la piste. Noro Ramamonjisoa, présidente du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) le reconnaît. L'espace francophone pourrait et devrait être un bassin intéressant pour la création d'emplois, un marché à conquérir, mais également une source d'expériences à s'inspirer. Le patron des patrons laisse entendre que l'espace francophone, c'est du concret. « Beaucoup de contrats ont été signés avec les Marocains », rappelle-t-elle.
Le potentiel économique de la Francophonie n'est pas négligeable. En 2010, « les pays membres et observateurs de l'OIF représentait 14% de la population mondiale, 14% de revenu national brut mondial », signale le Sommet de Dakar en 2014. Elle représente également les 20% des échanges mondiaux des marchandises.
Gaston Ramenason, président du Forum Francophone des Affaires (AFA) apporte un autre argument à faire valoir pour une mise en commun des expériences et des atouts de tout un chacun face à la « tendance mondiale aux mutations ». « La Chine est en mutation, les Etats-Unis sont en mutation ... la mutation est partout. Tout le monde réfléchit à cette mutation et il faut également le faire avec les autres sinon on est dépassé », alerte-t-il.
Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie, insiste sur le principe de mise en commun des atouts. Elle parle de « réseautage » afin de profiter des expériences des uns et des autres en matière de ressources qu'elles soient financière, humaine ou technique afin de pouvoir « gagner du temps ». « Développons une plateforme d'échanges (...) et rassembler les solutions et les moyens pour agir», milite-t-elle avant de lancer la réflexion concernant la mise en réseau des petites et moyennes entreprises.
La Francophonie met en place une stratégie économique, permettant d'appuyer les pays membres. La présence du SG de la Francophonie au Salon de l'industrie de Madagascar est un message fort quant à l'intérêt de la Francophonie à l'économie. Mais cet espace, composé de 80 pays, concentre également ses efforts sur les femmes et sur les jeunes, majoritaires dans le monde francophone. Michaëlle Jean précise qu'ils « ne sont pas l'avenir (...) [mais] ils sont déjà la solution ».
Concrètement, la Francophonie met en place le programme d'incubateurs d'entreprises afin d'accompagner les jeunes et les femmes. Le Nouveau-Brunswick, par le biais de son Premier ministre Brian Gallant, a annoncé le lancement d'un concours, réservé aux jeunes entrepreneurs afin de « promouvoir l'innovation », le travail, l'entreprenariat, l'économie verte, (...). Il offre 25 000 dollars pour le lauréat, avec en prime, un accompagnement pour percer le marché mondial.

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